Gestionnaire de projet – Outil de décision collective

gestionnaire de projet

Le module « Gestionnaire de projet – Outil de décision collective » est à la fois le moteur à idées et le cœur démocratique de la plateforme. C’est une fonction logicielle classique et répandue, mais indispensable pour la coordination du réseau.

Gestionnaire de projet

Cet outil permet de proposer des projets, de rejoindre des projets existants et de les gérer.

La création d’un projet (avec présentation des objectifs, des ressources, effectifs et compétences nécessaires) ouvre automatiquement un forum dédié, un agenda pour le planning ainsi qu’un gestionnaire des tâches et une mailing list pour les participants. Le gestionnaire de tâches permet de créer une liste d'actions à mener et de se les répartir, avec un suivi de l’avancement de chaque étape constituant le projet.

Le fait de dédier un forum à chaque projet présente un avantage: les discussions autour d’un projet concret sont plus constructives et orientées vers l’action (si on les compare à un forum de discussion habituel, ouvert mais sans finalité précise).

La validation de la création d’un projet pourra être conditionnée à une décision collective pour éviter les propositions trop fantaisistes.

Nous avons fait l’expérience de ce type d’outil il y a quelques années, une trentaine de projets ont été proposés, certains très intéressants, d’autres plus anecdotiques, mais le principe fonctionne bien.

Des « commissions » de compétences pourront être formées (groupe de traducteurs, groupe de développeurs informatiques…) pour identifier l'éventail des compétences disponibles.


Outil démocratique : la décision par consensus

Le consensus est la meilleure méthode de décision : il permet de mieux prendre en compte les voix minoritaires et leurs arguments.

Prenons un exemple: une décision doit être prise localement pour l’attribution d’un budget à un projet. La question est posée, un premier vote est mis en place.

Si le "oui" est majoritaire, on demande alors aux partisans du "non" les raisons de leur choix. Elles seront énumérées et listées, analysées et débattues.

Un second vote est réalisé à la lumière de ces éléments. Si c’est le "oui" qui l’emporte à nouveau, le projet est adopté, mais les arguments minoritaires sont consignés et archivés. Ils serviront à un suivi de projet, qui, une fois réalisé, permettra de comparer les résultats et les réserves émises par les détracteurs.
Si, lors de ce second vote, le "non" l'emporte, les partisans du "oui" exposent leurs arguments à leur tour. Le vote se fait donc en deux tours gagnants (sur un maximum de trois).

S’il s’avère que les opposants au projet adopté avaient raison a posteriori, leurs voix seront naturellement plus entendues lors des prochaines décisions, surtout quand il s’agit d’une décision à l’échelle locale, d’un village par exemple, où tout le monde se connait.

Ainsi, à mesure des décisions, et en fonction des compétences et connaissances des uns et des autres, toutes les voix seront entendues, ce qui simplifie grandement l’acceptation des projets par les détracteurs minoritaires.

Financement participatif

financement participatif

Le principe (très ancien) du financement participatif est maintenant bien connu du grand public. Cette méthode de financement de projet désintermédié permet de s’affranchir des banques et nécessite de convaincre et fédérer un nombre suffisant de participants. Pendant un temps donné, chaque personne intéressée verse une petite somme, soit sous forme de don, soit avec une contrepartie future.

L’intégration de ce module sur notre plateforme sera l’occasion à financer des projets répondant à la charte éthique. Sa force de frappe sera bien sûr fonction du nombre de membres et de leur motivation. Si l’effectif est suffisant, le module de financement participatif pourra se muer en crédit coopératif, entité permettant de financer de gros projets, la création de SCOP, par exemple.


Emprunt communal

Une fonctionnalité du module de financement pourra être dédiée à l’emprunt communal direct:

Les petites communes et villages sont souvent amenés à emprunter des fonds pour financer des projets locaux d’intérêt public (en dehors des infrastructures et autres investissements déjà financés par les impôts): cela peut concerner la construction d’un local associatif, celle d’un lieu dédié à la démocratie locale ou encore la subvention d’un café, lieu essentiel de rencontres et d’échanges dans les petits villages. Ce type de café, souvent « multiservices », qui fait à la fois office de débit de boisson, de bureau de poste, de distributeur d’argent liquide, de dépôt de pain, d’accès internet… est surtout le cœur de la vie sociale et le centre névralgique des localités rurales. Sans eux, la convivialité et le lien social disparaissent ainsi que la viabilité du village. Bien souvent, l’existence d’une école ne dépend que de quelques élèves de plus ou de moins: quelques familles qui décident de partir d’un village vieillissant et peu attractif, pour rejoindre la cohorte des urbains soumis à la pression démographique, à la pollution et aux agressions de toutes sortes (sonores, visuelles, publicitaires…).

Au lieu de faire appel à une banque pour ce type de crédit, il serait plus intéressant de solliciter les habitants pour un emprunt communal : le taux d’intérêt pourra être plus bas pour la commune et ces intérêts seront reversés directement aux habitants, qui bénéficieront déjà de la réalisation du projet. Le niveau d’implication de la population vis-à-vis du projet sera d’autant plus grand que leur contribution sera volontaire et qu’ils seront associés aux décisions et au développement du projet.

En effet, ce prêt municipal pourra être assorti d’un référendum ou d’une consultation locale, d’un débat public avec décision par consensus.

C’est l’occasion pour une collectivité locale de s’autofinancer, de s’affranchir des banques et de se former à l’autogestion et à la démocratie directe.

Nous souhaitons pouvoir, via un module dédié sur la plateforme, constituer l’interface entre les petites mairies et les individus souhaitant financer les projets. Ainsi, cet emprunt pourra s’étendre au-delà de la population de la commune concernée, et l’outil informatique permettant de gérer cette cagnotte leur sera mis à disposition gratuitement. Ce module pourra partager de nombreuses fonctions avec le module de financement participatif.

Achat groupé

achat groupé

Le module d’achat groupé joue un rôle très important pour la plateforme. On peut le considérer comme le moteur du dispositif. Il s’agit en effet de créer un « syndicalisme de la demande », c'est-à-dire une centrale d’achat composée d’individus et d’entreprises (achats groupés professionnels), encadrée par la charte éthique.

C’est cette force de frappe qui permettra :

  • d’obtenir des prix plus bas, tout en rémunérant le producteur à la juste valeur, car en vente directe, sans intermédiaire inutile
  • d’attirer des acheteurs souhaitant trouver des produits utiles, de qualité, respectant la charte sociale et environnementale, et des producteurs cherchant des débouchés commerciaux sur la plateforme, qui pourront utiliser les autres modules
  • de financer la maintenance de la plateforme et son développement sans avoir besoin de nouveaux financements participatifs, ce qui assurera sa pérennité.
  • De transformer l'entreprise: celles qui souhaitent proposer leurs produits et profiter de ce réseau devront respecter la charte éthique, ce qui impliquera souvent un effort de leur part pour se mettre aux normes de celle-ci.
    En contrepartie de ses efforts sur les conditions de travail des salariés ou leur démarche environnementale, elle bénéficiera de débouchés commerciaux sans avoir à prospecter elle-même. Il s'agit donc potentiellement d'un outil de transformation sociale de l'entreprise. Par exemple, si le réseau est suffisamment puissant, il pourra être demandé aux partenaires une certification ISO 14001 (concernant le management environnemental) ou une démarche qualité RSE (responsabilité sociale des entreprises, régie par la norme ISO 26000).

Pour les entreprises qui proposent leurs produits en achat groupé, c’est donc l’occasion de profiter de débouchés commerciaux gratuitement, sans avoir à réaliser eux-mêmes le marketing, la communication et la prospection pour la vente de leur production. L’économie de ce temps, et des ressources qui auraient été allouées à cette activité commerciale, leur permettent de se concentrer sur leur cœur de métier: la qualité du produit et l’innovation. Le coût de fabrication diminue ce qui enclenche un autre cercle vertueux : le produit étant à la fois de meilleure qualité, plus durable et moins cher, il est compétitif et peut concurrencer ceux qui, sur le marché, sont fabriqués dans des conditions sociales et environnementales dégradées, avec des intermédiaires, du marketing, des dividendes, des frais d’acheminement…
Il peut paraître étrange de parler de compétitivité sur un projet coopératif, mais il faut garder à l’esprit que nous partons d’un réel à transformer, qu’il s’agit d’un outil de transition d’une économie verticale vers une économie horizontale. Le fait d’être compétitif par rapport à des produits de moindre qualité et provenant d’une économie destructrice sera la clé de la réussite du projet et de la récupération progressive de l’outil de production.
Les motivations des adhérents à ce réseau seront différentes: certains viendront pour des causes philosophiques, d’autres pour la qualité des produits, et plus prosaïquement, certains rejoindront le réseau pour ses prix abordables. Peu importe… ce mécanisme entrainera un accroissement du nombre de membres du réseau, ce qui autorisera le lancement des modules nécessitant un effectif plus important.

Le module achat groupé pourra proposer la fonctionnalité « livraison groupée » pour optimiser la logistique de façon économique et écologique. Ainsi, les habitants d’une même commune pourront s’associer pour se faire livrer une commande multiple au même endroit.

Vente directe

vente directe

Le module de vente directe a pour objectif de donner un système d’information mutualisé aux AMAP qui le souhaitent et d’étendre le principe de la mise en relation du producteur et du consommateur à d’autres secteurs d’activités.

L’alimentation est l’enjeu primordial, un certain niveau d’autonomie alimentaire est essentiel par sécurité, et, selon le principe de la pyramide de Maslow, elle est une étape inévitable pour progresser vers les autres émancipations.

Le maintien d’une agriculture paysanne indépendante, et rémunérée à sa juste valeur, s’impose maintenant comme une évidence. De même, il n’est plus besoin de démontrer l'intérêt des produits locaux de qualité, bio notamment, pour la santé.

Ce modèle désintermédié de distribution constitue un autre cercle vertueux à bien des égards, d’où la nécessité de le développer et de le rendre plus accessible.

Le principe est le suivant :

Le producteur propose des produits ou des paniers dans un rayon géographique défini pour une vente directe au consommateur. Il pourra gérer en ligne son catalogue de présentation qui inclura la gestion des stocks disponibles en fonction des réservations ainsi qu’un agenda avec planification des enlèvements ou livraisons.

Il pourra à sa convenance choisir les options suivantes :

  • achat groupé (remises sur volume pour plusieurs commandes)
  • livraison groupée
  • association avec d’autres producteurs géographiquement proches pour gérer un catalogue commun ainsi que les livraisons ou enlèvements.

Côté acheteur : Possibilité de retrouver dans un rayon de 30 km, par exemple, les producteurs disponibles et leurs produits, et s’associer avec d’autres acheteurs pour l’achat groupé et la livraison commune.

Ce module de vente directe pourra interagir avec le gestionnaire de projets: les producteurs locaux pourront s’organiser entre eux pour mettre en place des marchés collectifs autogérés, ponctuels ou récurrents, afin de rencontrer les acheteurs, faire connaissance, leur expliquer leur démarche et leur métier. Cela peut être l’occasion pour les visiteurs de récupérer leur commande, tout en découvrant d’autres produits et savoir-faire. Le rétablissement du lien social local est très important, car le but de la plateforme n’est pas de déshumaniser les échanges, bien au contraire.

Par la suite, il sera possible d'étudier la possibilité d’établir des marchés autogérés permanents où pourront se rassembler producteurs et acheteurs pour emporter des commandes.

Réseau éco-social de particuliers

réseau partiluers

Il s'agit d'un réseau social orienté vers l'économie: une mise en relation collaborative pour échange de services, troc, dons, location entre particuliers...

Ce module est aussi une version numérique du SEL (système d'échange local) qui permet d'en étendre le principe en s'affranchissant des limites de distance.

Le SEL est un échange de services ou de biens, qui peut se faire dans un réseau de façon indirecte.

Par exemple, pour 3 personnes : Pierre donne un cours de guitare à Paul, qui donne un cours d'anglais à Jacques, qui en échange prête sa tondeuse à Pierre.

Même si, en général, le SEL se fait d'évidence en local (la rencontre étant souvent inhérente à l'échange des services), le principe de l'échange peut tout à fait prendre un chemin du réseau beaucoup distant géographiquement pour revenir ensuite localement. La structure du réseau maillé permet de trouver le chemin le plus court.

En effet, avec le "grain de SEL" numérique (monnaie d'échange en général basée sur le temps, un grain = une minute), le choix et donc le nombre de combinaisons d'échanges est démultiplié.

Dans notre cas, le grain de SEL pourra devenir le Freecoins (Cryptomonnaie interne).

Module Covoiturage

Etant donné la spécificité de ce service (qu'il est maintenant inutile de décrire), il constituera un module à part entière, même s'il entre parfaitement dans la définition du module éco-social pour particuliers.

Typiquement, le covoiturage est un mode d’organisation « Peer to Peer » (de pair à pair, entre particuliers). Il n’y a aucune raison qu’un professionnel s’accapare, en faisant au passage un profit important, ce qui pourrait être réalisé sur un mode associatif. D’ailleurs, il existe déjà des associations locales pour ce type de service, qui pourront, si elles le souhaitent, utiliser notre application afin de se fédérer et d’étendre leur rayon d’action.

Réseau éco-social de professionnels

réseau partiluers

L’Ubérisation (collaboratif sans coopération et avec un intermédiaire) affaiblit ses participants qui sont mis en concurrence entre eux, sans aucune garantie de revenus, et à la merci des augmentations intempestives de marge de l’intermédiaire.

La partie professionnelle de Freeco.org se définit donc comme un outil de « désubérisation » :

Un des objectifs principaux de freeco.org est de mettre à disposition des professionnels de l’économie collaborative, des plateformes autogérées dédiées à leurs métiers.

Pour prendre l’exemple des chauffeurs Uber, l’idée est de leur proposer un équivalent technique d’application de géolocalisation, sans les frais de 25% demandés par Uber. Une participation de 5% pourra être demandée, affectée totalement au développement de la plateforme, les 20% de marge restants pourront être répartis entre le chauffeur et son client pour que tout le monde soit gagnant.

Dans un premier temps, les chauffeurs pourront l’utiliser en parallèle de celle d’Uber, et en proposant à leurs clients d’utiliser cette plateforme coopérative plutôt qu’Uber (par le biais de flyers ou de cartes de visite). Avec le triple argument du prix, de l’équité et la participation un modèle solidaire, ils développeront progressivement ce réseau.

Ce type d’application étant assez coûteuse à développer, il pourra être nécessaire de le faire et via un emprunt coopératif et un financement participatif. L’outil de géolocalisation étant commun aux modules logistiques et aux différentes applications (covoiturage, livraison, transport de personnes et de marchandises…), son coût pourra être amorti plus facilement.

Un partenariat avec les syndicats de chauffeurs et de livreurs indépendants sera souhaitable pour faire connaître le projet plus rapidement en interne.

Pour rappel, voici l'ensemble des fonctions logistiques pour particuliers et professionnels:

  • Covoiturage (application type Blabacar)
  • Transport de personnes (application type UBER)
  • Livraison de proximité (application type Deliveroo)
  • Transport de marchandises (pour les livraisons groupées notamment)

Association de compétences

Ce réseau éco-social professionnel doit permettre de constituer un syndicalisme des indépendants. Ceux-ci n’étant pas salariés, il ne s’agira pas d’un syndicat au sens légal du terme, mais d’une fédération ou d'un collectif défendant des intérêts communs et développant leur coordination. Celle-ci aura pour avantages de se mettre d’accord sur un taux horaire minimum, de profiter de la mutualisation de ressources, de créer des projets communs, ou de répondre à une demande impossible à réaliser seul.

Comme dans le cas des réseaux sociaux professionnels existants, il peut également servir à trouver un emploi, avec la garantie de rejoindre une équipe ayant sensiblement les mêmes valeurs.

Des groupes de métiers et de compétences pourront également être créés pour échanger des informations ou développer une formation mutuelle.

Place de marché professionnelle

Une place de marché professionnelle pourra être développée en interne, toujours dans cette logique de supprimer des intermédiaires inutiles.

Là encore, il sera possible de croiser cette place de marché avec les modules d'achat groupé et les modules logistiques pour optimiser les coûts.

Les modules financiers

modules financiers

Les trois modules financiers pourront être réalisés quand l'effectif des membres aura atteint plusieurs centaines de milliers de personnes. Ils finaliseront l'indépendance du réseau en assurant son autonomie financière.

Mutuelle

Selon Wikipédia:

« Les mutuelles sont des sociétés de personnes à but non lucratif organisant la solidarité entre leurs membres, et dont les fonds proviennent principalement des cotisations des membres. Elles ont vocation à être sans objet de bénéfice, et ont un rôle avant tout social depuis des décennies. À ce titre, elles font partie de l'économie sociale et solidaire. »

On connait surtout le concept de mutuelle comme une forme coopérative d’assurance santé, mais le principe peut s’appliquer à d’autres activités. La tontine (association collective d’épargne) est très utilisée en Afrique, notamment. Dans une tontine rotative, par exemple, chaque souscripteur a le droit de profiter une fois de la somme globale épargnée par l’ensemble des participants, pour financer un projet immobilier ou autre.

Le mutuellisme, inventé par Proudhon, est un concept encore plus large car il consiste en une équité des échanges, la valeur d’un produit ou d’un service étant fonction du temps de travail fourni. Il ne s’agit plus d’appliquer uniquement la loi de l’offre et de la demande, ni d’une planification centralisée de la production et des prix, mais bien d’un système d’échange le plus équitable possible. Baser la valorisation d’un bien ou d’un service sur le temps est en effet beaucoup plus égalitaire que sur une valeur monétaire déconnectée de toute réalité humaine.
Quand 82% de la monnaie créée est automatiquement captée par 1% de la population, alors même qu’il n’y a pas de production réelle en face, mais de la dette (une promesse de production future), ces 1% peuvent acheter une grande partie de l’immobilier et des outils de production. Ce phénomène a participé au doublement des loyers en 30 ans, et déstabilise totalement l’économie en concentrant le pouvoir entre quelques mains.

Il y a donc actuellement trop de masse monétaire et celle-ci est excessivement mal répartie. Cette dilution de monnaie entraine aussi mécaniquement la baisse de la valeur de l’argent et donc une inflation insupportable pour les plus précaires. La paupérisation des classes moyennes, qu’on observe à travers le monde, est une résultante de cette mécanique de concentration des richesses.


Crédit coopératif

Le « crédit mutuel », également théorisé par Proudhon, et un système bancaire qui permet notamment le micro-crédit. La trésorerie des individus et des entreprises mise en banque peut être prêtée avec garantie de remboursement intégral.

Le taux de remboursement d’un micro-crédit est en moyenne de 95%. Les 5% de défaillances restants doivent donc être financés, en général, par les intérêts de remboursement. Mais si l'on prend encore un peu de hauteur, dans une autre fractale, et que le réseau s’élargit, ces intérêts ne sont plus nécessaires car le financement peut être assuré autrement:

La création de valeur utile :

Ce crédit coopératif autogéré peut servir à financer les projets internes au réseau, en utilisant l’outil de décision collective pour le choix des projets à soutenir.

Un des intérêts d’un réseau est d’obtenir des informations provenant directement du terrain. Chaque membre connaît un fragment de réalité, qu’il peut mettre à disposition des autres. Sur ce principe, on peut identifier les besoins en matière de services, d’organisation, de compétences ou d’équipement. Si un besoin d’infrastructure apparaît (disons, par exemple, un marché couvert permanent pour 50 producteurs, ou une coopérative logistique commune pour une région), un projet de solution peut être proposé au financement. Si cette infrastructure est créée et dégage des bénéfices, ceux-ci pourront alors servir, à hauteur de 10%, par exemple, à d’autres financements, et ainsi de suite. Les échecs sont alors amortis et les réussites financent celles d’autres projets, ou les défaillances des micro-crédits évoqués plus haut.


Cryptomonnaie

La cryptomonnaie a souvent mauvaise presse car elle est associée à la spéculation ou à l’économie souterraine. Cependant, à l'origine, c'est un type de monnaie électronique chiffrée, gérée en Peer to Peer par la technologie Blockchain et sans banque centrale. Elle s’inscrit donc directement dans la logique horizontale et rhizomique de ce projet.

En effet, une monnaie dédiée peut être utile dans un réseau économique autonome, pour favoriser les échanges en son sein. A l’image des monnaies locales, comme le Galléco pour Rennes, qui a pour objectif de favoriser le commerce de la ville, elle est une monnaie complémentaire qui pourrait être dédiée aux échanges coopératifs internes.

Mais le véritable intérêt d’une cryptomonnaie, comme notre éventuel Freecoins, est de prévoir à long terme une indépendance monétaire et de favoriser les échanges internationaux dans le cas où cette plateforme est dupliquée dans d’autres pays. Ce n’est donc pas d’actualité pour l’instant, mais il faut garder à l’esprit cette possibilité, juste dans le cas d’un effondrement bancaire ou monétaire, ce qui est déjà arrivé à plusieurs reprises dans l’histoire. Il s’agit donc là de l’ultime étape de ce projet de réappropriation économique (production, distribution, logistique, finance et monnaie).

Moteur de recherche collaboratif

moteur de recherche collaboratif

Ce module sera le plus complexe à réaliser. Il est un peu à part, et n'est pas indispensable au fonctionnement économique du réseau. Cela dit, ce concept en Peer to Peer est totalement compatible avec la philosophie de la plateforme et très important à nos yeux, car certainement le plus novateur.

Pour fonctionner, il faudra au minimum des centaines de milliers de personnes, autant dire qu’il est nécessaire de franchir toutes les étapes précédentes pour disposer d’un tel réseau.

La recherche d’information est le quasi-monopole de Google (90%) qui ne présente que 4% du web dans ses résultats. Les référenceurs savent bien comment ces résultats sont manipulables, notamment avec l’achat de liens (parfois jusqu’à plusieurs milliers d’euros par lien). Ce sont les très grandes entreprises qui ressortent en premier dans les résultats, et souvent dans le même ordre. Si ce n'est pas le cas, parce que leur référencement a été mal fait, ils achètent à Google les annonces publicitaires de haut de page, et se retrouvent quand même en tête de liste.
Il ne s'agit donc pas d'un système neutre de recherche d'informations, mais bien d'un commerce de l'information. Sans parler de la censure, différente selon les pays (comme le fameux exemple de Tian'anmen censuré en Chine par Google), du danger de formatage de l'opinion ou de la revente des données personnelles. Google est considéré comme le meilleur moteur de recherche, car les autres sont pires.

En plus d’être très énergivore (requêtes sur des serveurs distants) ce mode de recherche centralisé d’informations n’est pas le plus efficace.

La solution prendra la forme d’un réseau en Peer to Peer sous un module Firefox, avec un système d’indexation et un algorithme de classement reprenant les 200 principaux critères (qualité et récence du contenu, facilité d’accès à l’information, nombre et qualité des liens...). Chaque site visité pourra être automatiquement ou manuellement ajouté par l’utilisateur et indexé par le système. L’option d’ajout manuel permettra à l’utilisateur de catégoriser le site, de le décrire, ce qui constituera en même temps un annuaire « humain », un « wikipédia » de la recherche d’information. Dans la barre de recherche, vous aurez ainsi le choix entre le moteur, l’annuaire ou les deux.

La puissance de calcul d’un réseau neuronal est démultipliée par rapport à l’interrogation de serveurs centralisés, surtout avec la fibre. Un réseau de quelques millions de personnes connectées, allouant une partie de leurs ressources informatiques au module, sera plus puissant, plus rapide et moins énergivore que Google.

La qualité de cet outil résidera aussi dans celle de son algorithme, qui évoluera avec le temps: une équipe croissante de développeurs pourra l’améliorer continuellement (sur le principe de la communauté Mozilla pour firefox, thunderbird...). Le cahier des charges de cet algorithme précisera les détails techniques en son temps, et notre équipe de référenceurs pourra y contribuer (nos 15 ans de retro-ingénierie de Google seront utiles pour en garder le meilleur).